Depuis le 2 avril 2026, la participation forfaitaire obligatoire du CPF est passée à 150 €, contre 103,20 € au 1er janvier 2026 et 100 € à l'origine du dispositif en mai 2024. Ce nouveau montant résulte du décret n°2026-234 du 30 mars 2026, et s'applique à toute demande de souscription à une formation éligible au CPF intervenue à compter du 2 avril 2026. Contrairement aux revalorisations précédentes, indexées automatiquement sur l'inflation, cette hausse est une décision discrétionnaire du gouvernement, fixée pour la seule année 2026, un signal à ne pas manquer si vous informez encore vos futurs stagiaires d'un reste à charge « autour de 100 € ».
Ce guide détaille la chronologie de la hausse, les organismes et statuts concernés, les quatre cas d'exonération, et ce que cela implique concrètement pour votre pratique commerciale d'organisme de formation.
Ce qui change concrètement
Chronologie de la hausse (mai 2024 → 2026)
Le reste à charge CPF n'a cessé d'augmenter depuis sa création. Voici les quatre étapes qui ont conduit au montant actuel de 150 €.
| Date | Montant | Texte |
|---|---|---|
| 2 mai 2024 | 100 € | Décret n°2024-394 du 29 avril 2024 (création du dispositif) |
| 1er janvier 2025 | 102,23 € | Revalorisation annuelle sur l'inflation |
| 1er janvier 2026 | 103,20 € | Arrêté du 30 décembre 2025 (revalorisation inflation) |
| 2 avril 2026 | 150 € | Décret n°2026-234 du 30 mars 2026 |
Lecture : le reste à charge CPF a été multiplié par 1,5 entre mai 2024 (100 €) et avril 2026 (150 €), la dernière hausse étant une décision discrétionnaire fixée « pour l'année 2026 » par le décret n°2026-234, indépendante du mécanisme d'indexation sur l'inflation.
En moins de deux ans, le reste à charge a donc été multiplié par 1,5. La hausse d'avril 2026 s'applique à toute demande de souscription à une action de formation éligible au CPF intervenue à compter du 2 avril 2026 ; une inscription validée avant cette date reste soumise à l'ancien montant de 103,20 €.
Pourquoi cette hausse n'est pas une revalorisation classique
Les trois premières étapes (2024, 2025, janvier 2026) suivaient un mécanisme automatique fixé par l'article R.6323-2 du code du travail : une indexation annuelle sur l'évolution des prix à la consommation. Le passage à 150 € en avril 2026 rompt avec cette logique de deux manières. D'abord, il s'agit d'une augmentation discrétionnaire décidée par décret, sans lien direct avec l'inflation. Ensuite, et c'est le point le moins commenté : le décret n°2026-234 fixe ce montant explicitement « pour l'année 2026 ». Contrairement à la version 2024 du texte, qui posait un montant stable sans référence à un millésime, celle-ci ouvre la porte à une révision chaque année par un nouveau texte réglementaire, indépendamment du calendrier d'indexation sur l'inflation. C'est un signal fort à retenir : le reste à charge n'est plus seulement une variable d'ajustement automatique, mais un levier que le gouvernement peut mobiliser chaque année pour réguler l'usage du CPF.
Ce changement de logique, d'une indexation automatique à une décision politique renouvelable chaque année, mérite d'être suivi de près par tout organisme dont l'activité dépend du CPF, tant sur le plan commercial que sur celui de la conformité de l'information délivrée aux stagiaires.
Qui est concerné, qui est exonéré
La participation forfaitaire obligatoire de 150 € s'applique à tous les titulaires d'un CPF qui mobilisent leurs droits pour financer une formation via la plateforme Mon Compte Formation, quel que soit leur statut : salariés du privé, agents publics, travailleurs indépendants, professions libérales ou dirigeants assimilés-salariés. Le montant est dû par action de formation souscrite, en plus de la part couverte par vos droits acquis, et vient s'ajouter au plafond de prise en charge fixé par le décret n°2026-127 du 24 février 2026 pour certaines formations (certifications RS, bilans de compétences, permis). Cette participation ne peut en aucun cas être prise en charge, directement ou indirectement, par l'organisme de formation qui dispense la prestation.
Tous statuts, par action de formation
Salariés, agents publics, indépendants, professions libérales, dirigeants assimilés-salariés, le montant est dû à chaque souscription, jamais pris en charge par l'organisme de formation.
Qui n'a rien à payer
- Demandeurs d'emploi inscrits à France Travail
- Formation cofinancée par l'employeur ou un OPCO
- Titulaires au titre du compte professionnel de prévention (C2P)
- Abondement AT/MP avec incapacité permanente ≥ 10 %
Quatre situations restent exclues du paiement de cette participation. D'abord, les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail, qui en sont dispensés quel que soit le dispositif de financement mobilisé en complément (AIF, abondement). Ensuite, les salariés dont la formation fait l'objet d'un cofinancement par l'employeur ou par un OPCO : dans ce cas, la présence d'un financeur tiers suffit à lever l'obligation de participation individuelle. S'y ajoutent deux cas plus spécifiques : les titulaires mobilisant leurs droits au titre du compte professionnel de prévention (C2P), et les bénéficiaires d'un abondement lié à un accident du travail ou une maladie professionnelle (AT/MP) avec une incapacité permanente d'au moins 10 %. En dehors de ces quatre cas, la participation reste due même si le solde de droits CPF couvre l'intégralité du coût pédagogique.
Référence réglementaire : articles L.6323-4 et suivants du code du travail.
Un salarié qui obtient un cofinancement de son employeur ou de son OPCO n'a ainsi rien à débourser au titre de la participation forfaitaire, un point souvent méconnu des stagiaires eux-mêmes, et qu'il est utile de rappeler dès le premier échange commercial.
Ce que ça implique pour les organismes de formation
Impact sur le taux de transformation des devis CPF
Pour un organisme de formation, chaque hausse du reste à charge a le même effet mécanique : un renchérissement du « prix perçu » par le stagiaire, au moment précis où il doit valider son inscription. Passer de 103,20 € à 150 € en une seule décision, sans étape intermédiaire, est le type de changement qui génère des abandons de dernière minute si le stagiaire découvre le montant seulement au moment du paiement. À l'inverse, la découverte tardive du montant à régler reste la première cause d'abandon de commande sur la plateforme Mon Compte Formation.
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J'ai vu cette dynamique se répéter à chaque revalorisation depuis 2024 : plus l'information sur le reste à charge est donnée tôt dans le parcours commercial, moins elle génère de désistement.
Bachir ABERKAN, fondateur de COPILOF 350 organismes accompagnés · 900 audits
Ce que vous pouvez faire (information stagiaire, cumul abondements)
Trois réflexes limitent l'impact de cette hausse sur votre activité. D'abord, afficher le reste à charge dès le premier contact commercial, dans le devis ou la fiche formation, plutôt que de laisser le stagiaire le découvrir sur la plateforme. Ensuite, orienter systématiquement vers les cas d'exonération ou de cumul quand ils sont pertinents : un stagiaire demandeur d'emploi n'a rien à payer, un salarié peut demander à son employeur ou à son OPCO un abondement qui lève l'obligation de participation. Enfin, pour les formations dont le coût dépasse le plafond de prise en charge CPF fixé par le décret n°2026-127, rappeler que l'écart peut être couvert par un OPCO, une Région ou un abondement individuel, voir notre FAQ complète sur le financement de la formation pour le détail des cumuls possibles.
Questions fréquentes sur la hausse du reste à charge CPF
Non. Le décret n°2026-234 du 30 mars 2026 précise que le nouveau montant de 150 € s'applique aux demandes de souscription intervenues à compter du 2 avril 2026. Une inscription validée avant cette date, avec le paiement de l'ancienne participation (103,20 €), n'est pas remise en cause rétroactivement.
C'est incertain, et c'est justement le point à surveiller. Contrairement aux hausses de 2025 et janvier 2026, le montant de 150 € n'est pas revalorisé automatiquement par le mécanisme d'indexation sur l'inflation de l'article R.6323-2 du code du travail : le décret n°2026-234 le fixe explicitement « pour l'année 2026 ». Un nouveau texte réglementaire devra donc être publié pour préciser le montant applicable au 1er janvier 2027, à ce jour, rien n'a été annoncé sur son niveau, ni sur un éventuel retour au mécanisme d'indexation classique. COPILOF suivra cette publication et mettra cette page à jour dès qu'elle interviendra.
Anticiper les prochaines évolutions du financement CPF
Cette hausse du reste à charge s'ajoute aux plafonds de prise en charge instaurés en février 2026 : deux mesures qui redessinent en profondeur le financement de la formation professionnelle en 2026. COPILOF vous aide à sécuriser vos pratiques commerciales et votre conformité Qualiopi face à ces évolutions réglementaires.