Il reste 42 jours pour l'entrée en vigueur du référentiel QUALIOPI V10

FAQ à jour de la loi anti-fraudes du 25 juin 2026

Créer un organisme de formation e-learning : FAQ complète

Aucun statut juridique ni local particulier n'est exigé pour un organisme 100% en ligne : les règles de déclaration (NDA) et de certification Qualiopi sont les mêmes qu'en présentiel. Cette FAQ répond, article de loi à l'appui, à tout ce qui change pour le distanciel, cadre légal, NDA, audit Qualiopi et contrôles renforcés depuis 2026.

Bachir ABERKAN, expert conformité Qualiopi, COPILOF Par Bachir ABERKAN, expert conformité des organismes de formation
Formateur échangeant en visioconférence avec une apprenante lors d'une session de formation à distance
0
jours d'instruction DREETS maximum
0
indicateurs du référentiel Qualiopi V10
0 000 €
d'amende max en cas de récidive (loi 2026)
L'essentiel

Oui, vous pouvez créer un organisme de formation e-learning en France sans local ni statut juridique particulier : les règles de déclaration d'activité (NDA) et de certification Qualiopi sont exactement les mêmes qu'en présentiel. Ce qui diffère, ce sont trois points à sécuriser dès le départ : le cadre pédagogique imposé par l'article D6313-3-1 du Code du travail, la procédure de dépôt du NDA via Mon Activité Formation (MAF), et la vigilance réglementaire, contrôles durcis depuis la loi anti-fraudes du 25 juin 2026 et nouveau référentiel Qualiopi V10 (33 indicateurs, applicable au 1er novembre 2026).

Cette FAQ répond en détail à ces questions, avec les articles de loi exacts à chaque étape : cadre légal, déclaration d'activité, audit Qualiopi, et contrôles renforcés depuis 2026. Pour la procédure complète de création, direction notre guide dédié à l'obtention du numéro de déclaration d'activité (NDA).

Déclaration d'activité

Déclaration d'activité (NDA) pour un organisme e-learning

Le NDA (numéro de déclaration d'activité) suit une procédure strictement identique à celle d'un organisme présentiel : dépôt en ligne via Mon Activité Formation, instruction par la DREETS, délai maximum de deux mois. Les trois questions ci-dessous détaillent la procédure, ce que le NDA autorise réellement, et les pièces spécifiques à préparer pour un dossier 100% en ligne.

Une fois le dossier soumis, c'est la DREETS de la région où est domicilié l'organisme qui l'instruit, même si l'activité de formation se déroule intégralement en ligne et touche des apprenants dans toute la France. Le formulaire de déclaration demande de décrire précisément les moyens pédagogiques et techniques mobilisés : pour un organisme 100% distanciel, il est recommandé de détailler dès ce stade la plateforme utilisée (LMS), les modalités d'assistance et le format des évaluations.

Personne remplissant un formulaire de déclaration en ligne sur ordinateur portable

Pièces justificatives spécifiques à un dossier 100% en ligne

Pièces justificatives du dossier NDA avec point d'attention e-learning
PiècePoint d'attention spécifique e-learning
Programme de formationDétailler la modalité distancielle, la durée des activités, les modalités d'évaluation
Première convention ou bon de commandeMentionner explicitement la modalité (distanciel ou mixte) proposée au client
Justificatif de moyens pédagogiquesDécrire la plateforme (LMS) et les modalités d'assistance technique/pédagogique

La démarche est strictement identique à celle d'un organisme présentiel : il n'existe pas de circuit dédié au e-learning. Depuis le décret n° 2025-728 du 29 juillet 2025, en vigueur depuis le 1er août 2025, la déclaration d'activité se dépose exclusivement en ligne via la plateforme nationale Mon Activité Formation (MAF), il n'y a plus de dépôt papier ni de portail propre à chaque région.

Une fois le dossier soumis, c'est la DREETS de la région où est domicilié l'organisme qui l'instruit, même si l'activité de formation se déroule intégralement en ligne. C'est elle qui peut demander des pièces complémentaires, avec un délai de réponse de 12 jours ouvrés, et qui rend la décision finale. Le délai d'instruction est désormais uniforme au niveau national : deux mois maximum, silence de l'administration passé ce délai valant acceptation tacite. Un point de vigilance propre au e-learning : il est recommandé de détailler dès le dépôt la plateforme LMS utilisée, les modalités d'assistance au bénéficiaire et le format des évaluations. Pour la procédure complète pas à pas, voir notre guide dédié à l'obtention du NDA.

Le NDA est la condition légale minimale pour exercer une activité de formation professionnelle, e-learning inclus, sans lui, aucune activité de formation ne peut être exercée légalement, quelle que soit la modalité. Mais il ne suffit pas pour tous les modèles économiques envisageables. Avec le seul NDA, un organisme e-learning peut vendre ses formations directement à des entreprises ou à des particuliers qui financent eux-mêmes leur formation.

En revanche, dès qu'il souhaite accéder aux financements mutualisés ou publics, prise en charge par un OPCO, éligibilité au CPF, financement par France Travail, la certification Qualiopi devient obligatoire, en application de la loi du 5 septembre 2018. C'est un point que beaucoup de porteurs de projet e-learning sous-estiment au démarrage : ils obtiennent leur NDA, commencent à vendre, puis découvrent que leur cible principale leur reste fermée tant qu'ils ne sont pas certifiés. Le NDA et Qualiopi ne sont donc pas deux alternatives, mais deux étapes successives d'un même parcours. Voir notre guide pour obtenir la certification Qualiopi pour la suite du parcours après le NDA.

Le dossier de déclaration d'activité repose sur une base commune à tous les organismes (statuts ou justificatif d'immatriculation, première convention ou premier bon de commande signé, programme de l'action, CV du ou des formateurs), mais certaines pièces méritent une attention particulière pour un modèle e-learning. Le programme transmis doit décrire explicitement la modalité distancielle : durée estimée des activités, nature des supports, modalités d'évaluation, conformément aux trois exigences de l'article D6313-3-1.

Un programme qui se contente de mentionner « formation en ligne » sans détailler ces éléments s'expose à une demande de pièces complémentaires de la part de la DREETS, ce qui rallonge d'autant le délai d'instruction dans la limite des deux mois. Garder une preuve écrite de l'assistance prévue facilite grandement la constitution du dossier, et sert directement de base documentaire pour l'audit Qualiopi qui suivra.

Certification

Qualiopi et e-learning : ce qui est vérifié à l'audit

Qualiopi n'est pas légalement obligatoire pour exister, mais elle l'est dans les faits pour développer une activité viable dès que l'organisme vise les financements publics ou mutualisés. Sur le fond, le e-learning n'est pas traité différemment du présentiel dans le référentiel : ce qui change, c'est la nature des preuves attendues.

Un auditeur Qualiopi ne se contente pas de vérifier que l'offre existe : il cherche des preuves concrètes que les trois exigences légales du distanciel sont réellement mises en œuvre, pas seulement mentionnées sur le papier. Choisir une plateforme LMS qui génère automatiquement des rapports de connexion et de progression exportables fait souvent la différence entre un audit fluide et un audit qui s'enlise sur la démonstration du suivi réel.

Équipe en réunion de travail autour de documents de suivi qualité
Preuves attendues en audit Qualiopi pour le distanciel
Exigence légalePreuve attendue en audit
Assistance technique et pédagogiqueHistorique d'échanges, comptes rendus de tutorat, délais de réponse tracés
Information sur activités et duréeProgramme daté transmis avant l'entrée en formation, cohérent avec le parcours réel
Évaluations jalonnant/concluant la formationRésultats horodatés, copies corrigées, comptes rendus d'évaluation finale
Suivi individualisé (attendu implicitement)Taux de connexion, temps passé par module, alertes décrochage si prévues
Bachir ABERKAN, fondateur de COPILOF et expert conformité Qualiopi

Un point que je recommande systématiquement : choisir une plateforme LMS qui génère automatiquement des rapports de connexion et de progression exportables. C'est souvent ce qui fait la différence entre un audit fluide et un audit qui s'enlise sur la démonstration du suivi réel des apprenants, la théorie pédagogique ne suffit jamais seule, l'auditeur veut voir la trace numérique de l'activité.

Bachir ABERKAN, fondateur de COPILOF 387 organismes accompagnés · 967 audits

La certification Qualiopi n'est pas obligatoire pour exister en tant qu'organisme de formation e-learning, mais elle l'est dans les faits pour développer une activité viable. La loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel conditionne l'accès aux financements publics ou mutualisés, OPCO, CPF, France Travail, Régions, à la détention de Qualiopi, quelle que soit la modalité pédagogique de l'organisme.

Un organisme e-learning qui se contente de vendre en direct à des particuliers ou des entreprises autofinançant leurs formations peut techniquement fonctionner sans Qualiopi, avec le seul NDA. Mais dans la pratique, très peu de modèles e-learning sont viables durablement sur ce segment uniquement : la certification reste le passage quasi obligé dès que l'organisme vise le marché de la formation professionnelle financée. Sur le fond, le e-learning n'est pas traité différemment du présentiel dans le référentiel Qualiopi : les sept critères qualité s'appliquent identiquement, quelle que soit la modalité. Pour les questions généralistes sur la certification, voir aussi notre FAQ Qualiopi.

C'est le point sur lequel les organismes e-learning trébuchent le plus souvent en audit. Un auditeur Qualiopi ne se contente pas de vérifier que l'offre existe : il cherche des preuves concrètes que les trois exigences légales du distanciel sont réellement mises en œuvre, et pas seulement mentionnées sur le papier. Pour l'assistance, il demande une trace de l'accompagnement réel : échanges de mails, historique de messagerie, comptes rendus de visio de tutorat, délais de réponse effectivement respectés.

Pour l'information sur les activités et leur durée, il vérifiera que le programme communiqué correspond bien à ce qui a été suivi, avec un minutage réaliste. Pour les évaluations, il cherchera des résultats de quiz horodatés, des copies d'exercices corrigés, ou des comptes rendus d'évaluation finale, pas seulement l'existence théorique d'un module d'évaluation dans la plateforme.

Oui, directement. Le décret n°2026-728 du 1er août 2026 (publié au Journal officiel du 4 août 2026) fait passer le Référentiel National Qualité de 32 à 33 indicateurs, avec une application fixée au 1er novembre 2026. Plusieurs évolutions concernent spécifiquement les organismes proposant du distanciel, notamment un renforcement de la preuve de suivi effectif des apprenants en formation à distance.

Concrètement, la V10 durcit ce qui était déjà exigé par l'article D6313-3-1 en demandant des éléments de preuve plus systématiques et plus documentés sur l'assiduité réelle en e-learning. Un organisme dont l'audit se déroule après le 1er novembre 2026 sera évalué sur ce référentiel renforcé. Le réflexe à avoir dès maintenant est de structurer sa preuve de suivi distanciel en amont de l'audit. Nous détaillons l'ensemble des 33 indicateurs dans notre guide dédié à la V10 2026.

Espace de travail professionnel avec plusieurs collaborateurs sur ordinateur
Point de vigilance 2026

Contrôles et fraude : ce qui a changé en 2026

La loi n°2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales a doté les organismes de contrôle de moyens d'investigation spécifiquement pensés pour le distanciel, parce que c'est sur ce segment que les schémas frauduleux se sont le plus développés ces dernières années, en particulier autour du CPF.

Documents à conserver en cas de contrôle
Document à conserverUtilité en cas de contrôle
Rapports de connexion et de progression (LMS)Prouver un suivi réel, horodaté, par apprenant
Historique des échanges d'assistanceDémontrer l'accompagnement effectif (art. D6313-3-1)
Registre des entrées/interruptions de formationRépondre à l'obligation de communication aux certificateurs (art. L6353-11)
Résultats d'évaluation horodatésJustifier la réalité pédagogique de l'action

Ce durcissement ne fait pas du e-learning une modalité à risque en soi : il traduit simplement le fait que le distanciel a été identifié comme le point d'entrée principal de la fraude au CPF ces dernières années, à cause de la difficulté historique à prouver un suivi réel à distance. Un organisme qui applique correctement les exigences pédagogiques de l'article D6313-3-1 n'a structurellement rien à craindre de ces contrôles renforcés.

Ordinateur portable ouvert sur une table avec des documents à vérifier

La loi n°2026-534 du 25 juin 2026 a doté les organismes de contrôle de moyens d'investigation spécifiquement pensés pour le distanciel. Concrètement, deux nouveaux pouvoirs visent directement les organismes proposant des formations à distance ou à inscription en ligne. D'une part, l'article 44 crée un nouvel article L6362-8-1 du Code du travail qui autorise la Caisse des Dépôts à utiliser une identité d'emprunt pour contrôler la réalité des formations dispensées via Mon Compte Formation, avec une attention particulière portée aux organismes 100% distanciels.

D'autre part, l'article 58 donne à France Compétences un pouvoir de contrôle sur place, en complément du contrôle sur pièces déjà existant, avec la même possibilité de recourir à une identité d'emprunt, les agents restant tenus au secret professionnel. L'article 45 ajoute une méthode de vérification par échantillonnage et extrapolation pour établir plus rapidement les montants à reverser en cas d'anomalies détectées. Ce durcissement traduit le fait que le distanciel a été identifié comme le point d'entrée principal de la fraude au CPF : un organisme conforme à l'article D6313-3-1 n'a structurellement rien à craindre.

Face à ces contrôles renforcés, la meilleure protection reste une documentation systématique et facilement exportable de l'activité réelle de formation, c'est elle qui permet de répondre immédiatement à un contrôleur, y compris lorsqu'il se présente sous une identité d'emprunt dans le cadre d'un contrôle mystère. L'article L6353-11 du Code du travail, modifié par l'article 59 de la loi du 25 juin 2026, impose désormais aux organismes de communiquer aux certificateurs la liste des stagiaires ayant débuté une action de formation, ainsi que de ceux qui l'ont interrompue en cours de route.

Cette obligation suppose un suivi précis et à jour des entrées et sorties de formation, particulièrement structurant pour un organisme e-learning où les abandons en cours de parcours sont souvent moins visibles qu'en présentiel. Ce type de documentation n'est pas seulement une protection en cas de contrôle : c'est aussi la base sur laquelle repose un audit Qualiopi serein.

La loi du 25 juin 2026 a fait évoluer la nature même des sanctions applicables. L'article 70 remplace une partie du régime pénal antérieur par un régime de sanctions administratives, plus rapide à mettre en œuvre : les services régionaux peuvent désormais prononcer directement une amende pouvant atteindre 4 000 euros par manquement constaté, portée à 8 000 euros en cas de récidive dans les deux années suivantes. Les contestations ne peuvent plus se faire que devant le tribunal administratif.

Il ne faut pas confondre ce régime administratif avec les motifs de refus ou d'annulation de la déclaration d'activité, également renforcés : antécédent d'annulation du dirigeant dans les quatre années précédentes, ou décision de rejet de dépenses avec obligation de reversement non honorée dans les cinq ans. Un troisième motif, l'absence de locaux, ne concerne que les organismes proposant de l'apprentissage, un organisme e-learning classique n'est pas concerné.

FAQ

FAQ complémentaire sur la création d'un organisme e-learning

Oui, et sans réserve pour un organisme e-learning classique. C'est une inquiétude fréquente depuis que la loi n°2026-534 du 25 juin 2026 a introduit trois nouveaux motifs de refus d'enregistrement de la déclaration d'activité, dont un lié à l'absence de locaux (article 72 de la loi, intégré à l'article L6351-3 du Code du travail). Ce motif de refus s'applique exclusivement aux organismes qui souhaitent dispenser des formations par apprentissage : l'exigence porte sur la disponibilité de locaux permettant de réaliser des actions de formation par apprentissage, pas sur la formation professionnelle continue en général.

Un organisme 100% e-learning, hors apprentissage, n'a donc aucune obligation de local professionnel pour obtenir ou conserver son NDA, ni pour être certifié Qualiopi. Dans la pratique, beaucoup d'organismes e-learning fonctionnent depuis un siège social au domicile du dirigeant ou une simple domiciliation d'entreprise. Si votre projet inclut un volet apprentissage en plus du e-learning, voir notre guide complet sur l'obtention du NDA.

Depuis le décret n° 2025-728 du 29 juillet 2025, en vigueur depuis le 1er août 2025, le délai d'instruction de la déclaration d'activité est uniforme sur tout le territoire : deux mois maximum, silence de l'administration passé ce délai valant acceptation tacite. Ce délai s'applique de la même façon qu'il s'agisse d'un organisme présentiel ou 100% e-learning, la modalité pédagogique ne joue pas sur la durée d'instruction.

Une fois le dossier déposé via Mon Activité Formation (MAF), c'est la DREETS de la région de domiciliation qui l'instruit. Si elle estime le dossier incomplet, elle peut demander des pièces complémentaires, avec un délai de réponse de 12 jours ouvrés de votre côté. Un organisme e-learning qui dépose un dossier complet et détaillé dès le départ peut espérer une réponse dans des délais souvent plus courts que le maximum légal. Pour la checklist complète des pièces à préparer, voir notre guide dédié à la déclaration d'activité.

Il n'existe pas de liste officielle d'outils imposés par le Code du travail : l'article D6313-3-1 fixe des obligations de résultat (assistance, information, évaluations), pas de moyens techniques précis. Mais dans la pratique, certains outils sont devenus quasi incontournables pour démontrer la conformité, aussi bien en audit Qualiopi qu'en cas de contrôle CPF ou OPCO.

Une plateforme LMS capable de générer des rapports de connexion et de progression exportables est le socle minimal : elle doit pouvoir montrer, apprenant par apprenant, les dates et durées de connexion, la progression dans le parcours, et l'horodatage des évaluations réalisées. À cela s'ajoute idéalement un outil de messagerie ou de visioconférence tracé pour documenter l'assistance technique et pédagogique. Le point commun à tous ces outils : ils doivent produire une trace exploitable et exportable, pas seulement une fonctionnalité théorique disponible dans la plateforme.

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Bachir ABERKAN, fondateur de COPILOF

Auteur : Bachir ABERKAN

Fondateur de COPILOF, 387 organismes accompagnés, 967 audits réalisés, sur le secteur depuis la réforme de la formation professionnelle de 2018.

Publié le 17 août 2026 · Mis à jour le 30 septembre 2026

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