Il reste 42 jours pour l'entrée en vigueur du référentiel QUALIOPI V10

Applicable au 1er novembre 2026

Audit Qualiopi : les nouvelles modalités au 1er novembre 2026

En cohérence avec le passage au référentiel V10, un arrêté distinct modifie les modalités d'audit : présentiel obligatoire pour les CFA, seuils chiffrés sur les indicateurs 19 et 20, représentation restreinte aux dirigeants, suspension des nouveaux entrants en cas de changement de gouvernance.

Bachir ABERKAN, auditeur Qualiopi, COPILOF Par Bachir ABERKAN, auditeur Qualiopi (900+ audits)
Professionnels examinant des documents lors d'une réunion d'audit
0
intervenants : seuil du référent pédagogique
0 %
non-permanents : seuil de supervision renforcée
0 mois
délai de surveillance de la gouvernance (nouvel entrant)
L'essentiel

Quatre évolutions dominent l'arrêté modificatif des modalités d'audit Qualiopi, applicable au 1er novembre 2026 en même temps que le référentiel V10 : l'audit de surveillance des CFA devient obligatoirement réalisé en présentiel, deux seuils chiffrés sont fixés sur les indicateurs 19 et 20, seuls le dirigeant ou un salarié permanent mandaté peuvent représenter l'organisme pendant l'audit, et un nouveau régime de suspension vise les organismes nouvellement certifiés qui changent de gouvernance dans les 14 mois suivant leur certification.

Ce texte ne modifie pas le contenu des 33 indicateurs du référentiel Qualiopi V10 — pour cela, consultez Qualiopi V10 : ce qui change. Il modifie le déroulement même de l'audit : qui y participe, où il se tient, combien de temps il dure, et ce qui déclenche une suspension ou un retrait de certification.

Précision sur la source : l'analyse ci-dessous s'appuie sur le projet d'arrêté modificatif tel que disponible à ce jour, comparé aux arrêtés du 6 juin 2019 et du 31 mai 2023 actuellement en vigueur. La version définitive, publiée au Journal officiel, pourra faire l'objet d'ajustements mineurs — nous mettrons cette page à jour dès sa publication officielle.

Vue d'ensemble

Tableau comparatif : avant et après le 1er novembre 2026

Comparaison des modalités d'audit Qualiopi avant et après le 1er novembre 2026
SujetAvant (arrêté du 31 mai 2023)À partir du 1er novembre 2026
Audit de surveillance des CFAÀ distance par défautObligatoirement sur site
Lieu de l'audit initial (CFA)Dérogation possible sans locaux dédiésDérogation supprimée, y compris en distanciel
Référent pédagogique (indicateur 19)Pas de seuil chiffréObligatoire au-delà de 8 intervenants
Supervision renforcée (indicateur 20)Pas de seuil chiffréObligatoire si >50 % d'intervenants non-permanents
Personnes habilitées à l'auditNon encadré explicitementDirigeant ou salarié permanent mandaté uniquement
Changement de gouvernance (nouvel entrant)Aucun suivi spécifiqueSuspension automatique si changement dans les 14 mois
Renouvellement décidé après échéanceCas non traité explicitementVide de certification entre échéance et décision
Absence de prestation depuis l'audit initialNon sanctionné pour toutes les catégoriesRetrait automatique, étendu aux BC et VAE

L'arrêté applicable au 1er novembre 2026 est la troisième révision des modalités d'audit depuis la création de la certification. L'arrêté fondateur du 6 juin 2019 a posé le cadre initial. L'arrêté du 31 mai 2023 l'a complété — ajout de la déclaration sur l'honneur, durcissement du traitement des signalements, clarification du régime multi-sites. Cette version resserre les points sur lesquels le texte précédent laissait une marge d'interprétation — en particulier pour les CFA, qui concentrent une bonne partie des nouvelles contraintes.

Centres de formation d'apprentis

CFA : l'audit de surveillance devient obligatoirement en présentiel

Fin du distanciel par défaut pour les organismes réalisant de l'apprentissage

Depuis l'arrêté du 31 mai 2023, l'audit de surveillance était réalisé à distance par défaut, et sur site uniquement dans des cas limitativement énumérés : signalement, résultat d'une analyse de risque, échantillonnage multi-sites, ou demande de l'organisme audité. Un CFA sans antécédent de non-conformité pouvait donc, dans la pratique, passer son audit de surveillance entièrement à distance (voir la FAQ Qualiopi pour les CFA).

Ce n'est plus le cas. La version applicable au 1er novembre 2026 ajoute deux nouveaux cas déclenchant automatiquement un audit sur site : le fait d'avoir été audité en tant que nouvel entrant à l'audit initial, et le fait de réaliser une action de formation par apprentissage. Pour tout CFA — dans le prolongement de la réforme de l'apprentissage — l'audit de surveillance passe donc mécaniquement en présentiel, qu'il y ait ou non un motif de risque identifié au préalable.

Suppression de la dérogation de lieu, même pour les actions à distance

Le texte ajoute une seconde restriction, spécifique à l'audit initial cette fois. Jusqu'ici, lorsque l'organisme candidat ne disposait pas de locaux dédiés à la réalisation des actions, les parties pouvaient convenir ensemble du lieu de l'audit. Cette dérogation est désormais explicitement exclue pour les centres de formation d'apprentis, y compris lorsqu'ils réalisent leurs prestations à distance. Les locaux retenus pour l'audit sont ceux où sont réalisées les actions d'assistance technique et pédagogique — l'endroit où le CFA accompagne concrètement ses apprentis.

Nouvelle pièce à fournir : le compte-rendu du conseil de perfectionnement

Parmi les données à transmettre à l'organisme certificateur avant l'audit initial, s'ajoute, pour les CFA uniquement, le compte-rendu du dernier conseil de perfectionnement. Cet ajout est cohérent avec le renforcement de la gouvernance participative des CFA porté par la réforme V10 du référentiel (indicateur 20) : l'auditeur dispose désormais d'une preuve documentaire directe de la tenue effective de cette instance.

Deux personnes examinant des documents de conformité à une table
Indicateurs 19 et 20

Deux seuils enfin chiffrés sur les indicateurs 19 et 20

Indicateur 19

Référent pédagogique obligatoire au-delà de 8 intervenants

Au-delà de 8 intervenants sur une même formation, l'organisme doit disposer d'un référent pédagogique chargé d'assurer la coordination entre eux, que la formation se déroule en présentiel ou à distance (voir aussi comment construire son déroulé pédagogique). En dessous de ce seuil, l'exigence de coordination pédagogique reste applicable, mais sans obligation de nommer un référent dédié.

Indicateur 20

Supervision renforcée si plus de 50 % de non-permanents

Lorsque la part d'intervenants non-permanents (vacataires, prestataires externes) dépasse 50 %, l'organisme doit mettre en place des modalités renforcées de supervision pédagogique. Pour les modules asynchrones, le suivi doit faire l'objet d'une équivalence, afin que l'accompagnement à distance soit traçable au même titre qu'en présentiel. Un responsable qualité externalisé peut structurer ce dispositif.

Ces deux seuils ne créent pas de nouvelle obligation de fond — la coordination et la supervision pédagogiques existaient déjà dans le référentiel national qualité — mais ils transforment une appréciation qualitative, source de discussions en audit, en un critère objectif et vérifiable.

Salle de réunion lumineuse avec grandes fenêtres
Disposition structurante

Qui peut représenter l'organisme pendant l'audit ?

Seuls le dirigeant ou un salarié permanent mandaté peuvent désormais participer. Un consultant externe ou un salarié sans lien contractuel stable ne peut plus représenter seul l'organisme lors de l'audit (voir la FAQ sur l'audit Qualiopi). Si vous préparez un audit, notre accompagnement audit de surveillance intègre cette nouvelle exigence.

Restriction de représentation

Personnes habilitées à participer à l'audit

Seuls le ou les dirigeants de l'organisme et, le cas échéant, les salariés mandatés occupant un emploi permanent peuvent participer aux audits. Ces personnes doivent justifier leur identité et leur qualité auprès de l'auditeur dès l'ouverture de l'audit.

Obligation de signalement

Obligation de signalement par l'auditeur

Tout dysfonctionnement constaté à l'occasion d'un audit doit être signalé, de manière étayée, à l'organisme certificateur. Cette obligation ne figurait pas explicitement dans les versions précédentes de l'arrêté. Elle s'inscrit dans l'objectif de vérifier l'appropriation effective des exigences, pas seulement leur formalisation documentaire.

Mécanisme nouveau

Nouveaux entrants : un risque de suspension à anticiper

Changement de dirigeant ou de statuts dans les 14 mois : suspension automatique

Le texte introduit un mécanisme entièrement nouveau pour les organismes certifiés en tant que « nouveaux entrants » (organismes qui viennent de créer leur structure et ont obtenu leur numéro de déclaration d'activité). En cas de changement substantiel de la gouvernance et des statuts dans les 14 mois suivant la première certification, la certification est suspendue dans l'attente d'un audit complémentaire sur site, dont la durée et le contenu sont similaires à ceux de l'audit initial.

L'organisme doit en avertir sans délai l'organisme certificateur. L'absence de signalement devient elle-même un motif de retrait de la certification, au même titre qu'une fausse déclaration.

Pourquoi les SASU et SAS sont particulièrement concernées

Cette disposition vise une situation précise : un changement de dirigeant ou d'actionnariat qui peut s'opérer rapidement et sans formalisme particulier dans certaines formes juridiques, notamment les SASU et les SAS — les formes les plus fréquemment choisies par les organismes de formation récents (voir notre FAQ sur la déclaration et la création d'un organisme). Le mécanisme ne s'applique qu'aux nouveaux entrants : un organisme déjà certifié depuis plusieurs cycles et qui change de dirigeant n'est pas concerné par cette suspension automatique.

Points de vigilance

Renouvellement et transfert de certification : deux points de vigilance

Calendrier

Le vide de certification en cas de décision tardive

Lorsque l'audit de renouvellement est réalisé avant l'échéance du certificat, mais que la décision de renouvellement intervient après cette date, l'organisme n'est plus certifié entre la date d'échéance et la date de la décision. Un point de calendrier à anticiper largement en amont, avec un accompagnement au renouvellement Qualiopi.

Transfert

Changer de certificateur = un transfert, pas un simple renouvellement

Une demande de renouvellement adressée à un organisme certificateur différent de celui ayant délivré la certification est désormais traitée selon les règles du transfert de certification (voir comment renouveler sa certification Qualiopi), avec notamment la transmission du dernier rapport d'audit par l'ancien certificateur.

Inactivité

Retrait automatique en l'absence de prestation réalisée

Si aucune prestation n'a été réalisée dans la catégorie des actions de formation depuis l'audit initial, l'organisme certificateur procède au retrait sur la catégorie concernée. Cette règle est étendue aux bilans de compétences et à la VAE (voir la FAQ Qualiopi VAE et bilan de compétences).

Regard d'expert

L'analyse de Bachir Aberkan, auditeur Qualiopi

Bachir ABERKAN

Bachir Aberkan

Fondateur de COPILOF, auditeur Qualiopi (900+ audits)

Il y a dans ce texte des évolutions que j'appelle de mes vœux depuis longtemps. La restriction des personnes autorisées à participer à l'audit en est une : j'ai vu, trop souvent, des dirigeants se faire représenter par un consultant externe qui découvrait l'organisme la veille de l'audit, incapable de répondre sur le fonctionnement réel de la structure. Cette pratique vidait l'audit de son sens.

Pareil pour les seuils chiffrés sur les indicateurs 19 et 20 : jusqu'ici, deux auditeurs pouvaient légitimement trancher différemment sur un même dossier faute de critère objectif, ce qui plaçait l'organisme audité dans une forme d'insécurité juridique. Fixer 8 intervenants et 50 % ne change rien au fond de l'exigence, mais cela donne enfin une règle du jeu claire, défendable des deux côtés.

D'autres mesures me semblent, en l'état, plus proches de la sanction collective que du ciblage du risque réel. Le passage systématique en présentiel de l'audit de surveillance pour tous les CFA, sans graduation selon la taille ou l'historique de conformité, va renchérir et alourdir le cycle d'audit pour des petits centres qui n'ont jamais eu la moindre non-conformité. Le délai de 14 mois sur le changement de gouvernance des nouveaux entrants vise clairement les montages frauduleux en SASU ou SAS, et c'est légitime, mais le texte ne distingue pas ce cas d'une succession familiale ou de l'entrée d'un associé pour de bonnes raisons économiques.

Mon conseil : ces mesures renforcent globalement la crédibilité de la certification Qualiopi, ce qui est une bonne nouvelle pour les organismes sérieux — mais elles demandent d'anticiper plus tôt, en particulier sur deux points : la stabilité de votre gouvernance dans les mois qui suivent une première certification, et la planification de votre audit de renouvellement, qui ne doit plus jamais se jouer à la dernière minute. Pour vous y préparer, découvrez notre accompagnement à l'audit ou consultez la FAQ audit de surveillance.

FAQ

Les nouvelles modalités d'audit Qualiopi, question par question

Non. Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026 modifie le contenu du référentiel national qualité lui-même (passage à 33 indicateurs). L'arrêté présenté ici modifie uniquement les modalités d'audit — la façon dont l'audit se déroule, les pièces à fournir, le lieu, les durées — sans toucher au contenu des indicateurs. Les deux textes s'appliquent en parallèle à partir du 1er novembre 2026. Pour le détail des indicateurs V10, consultez Qualiopi V10 : ce qui change.

Les nouvelles modalités d'audit entrent en application le 1er novembre 2026, à la même date que le reste de la réforme V10 du référentiel Qualiopi. Tout audit — initial, de surveillance ou de renouvellement — programmé à compter de cette date est concerné par les nouvelles règles. Pour une vue d'ensemble, voir Qualiopi en 2026.

Non, pas dans les cas visés par le nouveau texte. À compter du 1er novembre 2026, tout organisme réalisant une action de formation par apprentissage voit son audit de surveillance obligatoirement réalisé sur site, même en l'absence de tout signalement ou de tout indicateur de risque.

Le texte vise les intervenants sur une même formation, sans distinguer leur statut contractuel (permanent ou non). Au-delà de 8 intervenants sur une formation donnée, un référent pédagogique doit assurer la coordination entre eux, que la formation se déroule en présentiel ou à distance.

Lorsque la part d'intervenants non-permanents dépasse 50 % sur une formation, l'organisme doit mettre en place des modalités renforcées de supervision pédagogique et de contrôle de la qualité des interventions, au titre de l'indicateur 20. Pour les modules asynchrones, le suivi doit faire l'objet d'une équivalence.

Seuls le ou les dirigeants de l'organisme, ou un salarié mandaté occupant un emploi permanent, peuvent participer à l'audit. Cette personne doit justifier son identité et sa qualité auprès de l'auditeur dès l'ouverture de l'audit. Un consultant externe ne peut plus représenter seul l'organisme. Pour savoir comment vous faire accompagner sans enfreindre cette règle, voir notre accompagnement à l'audit.

Si vous avez été certifié en tant que nouvel entrant et qu'un changement substantiel de gouvernance intervient dans les 14 mois suivant cette première certification, votre certification est suspendue dans l'attente d'un audit complémentaire sur site. Vous devez signaler ce changement sans délai : l'absence de signalement constitue elle-même un motif de retrait.

Non. Si l'audit de renouvellement a été réalisé avant l'échéance mais que la décision intervient après, vous n'êtes plus certifié entre la date d'échéance et la date de la décision. Planifiez l'audit de renouvellement largement en amont.

Oui, cette possibilité demeure. Ce qui change, c'est le régime applicable : la demande est désormais traitée selon les règles du transfert de certification, avec la transmission du dernier rapport d'audit par l'ancien certificateur.

Oui. Si aucune prestation n'a été réalisée dans la catégorie des actions de formation ou d'apprentissage depuis l'audit initial, l'organisme certificateur procède au retrait sur la catégorie concernée. Cette règle s'applique aussi désormais aux bilans de compétences et à la VAE.

Besoin d'un accompagnement ?

Préparez votre audit sous les nouvelles modalités d'audit Qualiopi

Ces évolutions demandent d'anticiper plus tôt, en particulier sur la stabilité de votre gouvernance après une première certification et sur la planification de votre audit de renouvellement. COPILOF accompagne les organismes de formation et les CFA dans leur mise en conformité avec les nouvelles modalités d'audit Qualiopi.

Bachir ABERKAN, fondateur de COPILOF

Auteur : Bachir ABERKAN

Fondateur de COPILOF, auditeur Qualiopi, 967 audits conduits, 387 organismes de formation accompagnés depuis la réforme de la formation professionnelle de 2018.

Publié le 7 octobre 2026

Appeler Prendre RDV
Discuter avec Bachir